Et si les chats disparaissaient du monde…

« …ça fait des milliers d’années qu’on entasse du superflu !

En effacer un peu ne ferait de mal à personne… »

(page 22)

Lorsqu’il apprend qu’il va mourir, à trente ans, d’un cancer du cerveau, le narrateur s’étonne de rester étrangement calme. Le choc sans doute. Puis il se demande quels sont les choses qu’il voudrait accomplir avant cette échéance inéluctable.

« Il devait bien y avoir quelques exploits, sur cette Terre que moi seul pouvait accomplir ! » (page 11)

Tout se met à dérailler quand son double, vêtu d’une chemise hawaïenne, lui fait face et lui assure être le Diable en personne.

Les préliminaires et présentations achevées, Aloha (le Diable au look de surfeur, nommé ainsi par le narrateur à cause de sa tenue vestimentaire), lui présente un étrange marché. Il lui propose d’allonger son temps de vie. Comment ? Un jour de vie supplémentaire à chaque fois qu’il fait disparaître quelque chose de la vie sur Terre.

Sérieux ? Comme dans un jeu ! Je gagne un point de vie si j’efface quelque chose d’autre que moi ? Tentant. N’est-il pas ? Oui, mais j’efface quoi ? Notre héros malgré lui, commence par penser qu’il serait louable de se débarrasser de la poussière sur les étagères ou de la moisissure sur le carrelage de la salle de bains. Mais bon, Aloha n’est pas du tout d’accord et lui rétorque : « …est-ce que j’ai l’air d’un employé de maison ? ». « De toute façon, c’est moi qui décide de ce qu’on efface ! » lui rappelle-t-il (page 23).

A la première vraie tentative, le choix se fixe sur le chocolat. Et là, c’est moi qui dis « noooon !! » 😊 Cela dit, si on y réfléchit, un jour de vie contre une sucrerie, est-ce bien raisonnable de refuser ? Mais voilà qu’Aloha goûte le chocolat et trouve ça incroyablement bon – il n’en avait jamais mangé – et refuse tout net de l’effacer. Le premier choix se portera donc sur… les téléphones.

Cependant, il a le droit de passer un dernier coup de fil. Mais à qui ? Eh bien je ne vais pas vous le dire pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture-découverte. Mais, je vous pose néanmoins une question : Et vous ? qui appelleriez-vous ?

Vont se succéder ainsi interrogations et réflexions sur l’importance des montres, des films, etc…

Et puis il y a Chou. Chou c’est le chat. Aloha en est complètement gaga. La présence de ce chat n’est pas du tout aléatoire. Il emmène notre mort en sursis sur les traces de ses racines.

ZéAvis

Paru précédemment sous le titre « Deux milliards de battements de cœur », en référence à la supposée durée de vie des mammifères, qui serait invariablement de deux milliards de battements de cœur, qu’ils soient lents ou rapides, selon l’auteur. Ce livre est un concentré d’humour, de tendresse, alternant profondeur et légèreté. J’ai beaucoup aimé.

Que serions-nous prêts à faire pour vivre plus longtemps ? Quelle est la véritable importance que nous accordons aux objets, au vécu et aux gens ? J’ai aimé ce questionnement qui nous confronte à la disparition de ce qui nous entoure, y compris de nous-même.

Chaque « disparition » pousse le narrateur à se souvenir, réfléchir à sa vie, ses élans, ses doutes, ses espoirs, ses rêves inaboutis. Mais au bout du compte, il se peut que le véritable trésor soit de découvrir sa propre valeur en tant qu’être humain.

Et, finalement, qui est véritablement Aloha ?

« Avant, je me trouvais quelque part entre le passé et le futur, dans un laps de temps intercalaire infini. Désormais, j’ai l’impression que le futur fonce vers moi à vitesse grand V. Et je n’ai pas d’autre choix que de continuer à marcher avec lui. » (page 109)

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s