L’Âme des Horloges

« Le pouvoir est conquis ou perdu, jamais créé ni détruit. Le pouvoir est un invité, on ne le « détient » pas. Les fous désirent y accéder, ainsi que de nombreuses personnes saines d’esprit, mais seul le sage se soucie des effets à long terme. Le pouvoir agit sur l’ego comme du crack, et comme de l’acide sulfurique sur votre âme. » (page 131)

L’Âme des Horloges est un récit dense, complexe, un labyrinthe d’histoires et de destins croisés. Ajouter à cela, des références directes à d’autres romans de David Mitchell, et vous aurez un panorama du dédale dans lequel vous entrerez en ouvrant ce livre. Lire la suite

Slade House

« Que le Chagrin joigne ses forces aux miennes. Que la haine me redonne du nerf. Il ne me reste peut-être guère plus de secondes en réserve mais s’il existe la moindre possibilité de venger cette tête brûlée de Jonah, mon très cher jumeau, ma véritable moitié, alors j’y parviendrai » (page 269)

ZéAvis

Une mécanique fantastique au service de l’indicible, l’immatériel, l’impossible. Un dédale dans lequel le lecteur se perdrait s’il n’y avait le talent de conteur de David Mitchell pour semer des petits cailloux littéraires dans ses pages. Lire la suite

Une langue venue d’ailleurs

« Le français est la langue dans laquelle j’ai décidé, un jour, de me plonger. J’ai adhéré à cette langue et elle m’a adopté… C’est une question d’amour. Je l’aime et elle m’aime… si j’ose dire… » (page 19)

Akira Mizubayashi ressent très jeune, aux alentours de dix-neuf ans, ses premières émotions dans la langue de Molière. C’est en écoutant des cours de français dispensés à la radio nationale japonaise (dont il enregistra les émissions sur un magnétophone à bande magnétique) qu’il entre en contact avec les sonorités de la langue française. Et cet amour de la langue ne l’a plus jamais quitté. Pourquoi ? Lire la suite

Petite

« Je voulais m’offrir ce cadeau, celui d’être libre. Faire du monde un terrain de jeu, m’y jeter à corps perdu, avec l’allégresse et l’audace qui m’ont toujours porté chance. » (page 96)

Sarah est jeune et riche… d’expériences. Extraordinairement lucide aussi. Avec ses mots, sa verve, elle se livre sur son sentiment d’impuissance (parfois), ses désirs, ses joies, ses espoirs. Lire la suite

Une Rose et un Balai

Petit traité de sagesse d’un balayeur de rue

« Comme Gorki, le balayeur que je suis poursuit donc à sa façon un parcours universitaire de plein air, à la Faculté Macadamique du Ciel ouvert… » (page 91)

Nous sommes à Fribourg, ville suisse située dans le canton du même nom. Michel Simonet sillonne cette ville depuis près de trente ans, vêtu de la tenue orange des balayeurs. Sa particularité est d’avoir chaque jour, une rose fraiche accrochée à son chariot. Lire la suite

Le chat qui venait du ciel

« La première fois qu’il s’est endormi chez nous, posé comme une perle sur le canapé où il dessinait une virgule, la maison tout entière a été plongée dans une joie profonde… » (page 18)

Ce chat venu du ciel est un petit miracle de douceur et d’intrépidité. Il va bouleverser le quotidien du narrateur et de sa femme, nouveaux locataires d’un pavillon situé au bord d’un chemin baptisé le passage de l’Éclair, en raison de sa forme en zigzag. Lire la suite

Et si les chats disparaissaient du monde…

« …ça fait des milliers d’années qu’on entasse du superflu !

En effacer un peu ne ferait de mal à personne… »

(page 22)

Lorsqu’il apprend qu’il va mourir, à trente ans, d’un cancer du cerveau, le narrateur s’étonne de rester étrangement calme. Le choc sans doute. Puis il se demande quels sont les choses qu’il voudrait accomplir avant cette échéance inéluctable.

« Il devait bien y avoir quelques exploits, sur cette Terre que moi seul pouvait accomplir ! » (page 11)

Tout se met à dérailler quand son double, vêtu d’une chemise hawaïenne, lui fait face et lui assure être le Diable en personne. Lire la suite